- La nouvelle gouvernance hospitalière fait partie des nouvelles
mesures du plan hôpital 2007.
Le service hospitalier se représente désormais comme un regroupement
d’unités médicales au sein de pôles. Ce nouveau découpage en pôles de l'hôpital
répond avant tout à une logique économique : il s'agit de mutualiser les
ressources afin de limiter les dépenses. Depuis déjà quelques années, on ne
parle plus de patient, de malade, de personne souffrante mais d’unité de
production. Ce nouveau signifiant démontre un discours de logique d’entreprise
où la rentabilité et les objectifs financiers, le fait d’en tirer des revenus,
prennent le pas sur l’humanisme dans son sens étymologique de désintéressement
capitaliste
- Ca pèse lourd sur les consciences du personnel soignant où il n’y a pas si
longtemps les thèmes de vocation, de disposition, de mission soignante… étaient
encore monnaie courante dans les jury de concours d’entrée dans la fonction
publique.
- Les cadres de santé sont souvent à l’intersection de ces exigences
contradictoires autant dans l’organisation des soins que dans l’exigence de la
qualité. Il s’agit pour eux de coopérer à un système d’optimisation de la
performance globale des durées de séjours des unités de production.
Nous sommes donc à l’hôpital comme ailleurs dans le domaine du chiffre.
Faire du chiffre, fonctionner à flux tendu. On parle maintenant de manière
quasi quotidienne de DMS durée moyenne de séjour, de taux d’occupation, de
pathologie plus rentable que d’autres. Pour l’instant la psychiatrie sur
Saint-Malo n’est pas soumise aux mêmes critères mais ne se porte pas à
merveille pour autant faisant face à une saturation des lits, des locaux mal
adaptés, et un manque de personnel.
Il est prévu que les services « représentés » par leurs conseils
de pôle, qui n’auront pas atteint leurs objectifs financiers soient
sanctionnés. Ils verront diminuer leurs budgets, seront transférés au secteur
privé ou simplement supprimés. La mission ALIUM, SARL fondée en 2005,
intervient sur l’hôpital comme entreprise de conseils stratégique,
organisationnel, financier avec… pragmatisme.
- Audit depuis janvier 2009, elle a mené des enquêtes pour réduire les
déficits et réorganiser tous les services en repensant la taille de toutes les
unités, aucune ne sera viable au-dessous de 22 lits. Cela aboutit à certains
regroupements capacitaires tels que la néphrologie et la diabétologie. La
diabétologie tournait sur 15 lits jusque-là, on lui supprime 7 lits dans ce
rapprochement de service et on en supprime également en néphrologie puisque ce
nouveau mariage forcé occupera un espace unique.
Bien sur les services vont se restructurer sans tout le personnel soignant
supplémentaire demandé pour un fonctionnement maximal de qualité de soins. Les
services vont tourner à taille minimale sur ces questions de personnel pour une
rentabilité maximale. La masse salariale représente 70% des dépenses et sert
souvent de variable d’ajustement budgétaire.
Et les projets de service ?
Toute cette nouvelle organisation touche forcément au projet de service.
Comment les équipes vont-elles vivre cela ? On donne aux soignants le
choix de leur poste, certes, mais les conditions de travail sont difficiles, en
1975 une infirmière restait dans son métier 7 ans, depuis 1995, elles
travaillent jusqu’à la retraite. Ce sont des métiers laborieux : aides
soignantes, infirmiers… physiquement et psychologiquement. Les arrêts maladie
ne sont pas tous remplacés. Sur le terrain les personnes sont inquiètes, on
entend, notamment dans la presse que l’hôpital va mal!!!