Lors de la conférence sur le Port de Saint-Malo , un questionnaire à été adressé à Monsieur Gérard Lahellec . Celui-ci à aimablement répondu et nous diffusons ici ce questions /réponses.__ Il est bien entendu que les réponses apportées sont celles de Monsieur Lahellec et que celles-ci n'engagent pas l'Institution régionale.
_Questions :
1°) Depuis Loi du 13 août 2004 relative aux libertés et responsabilités locales et loi 1er janvier 2007, les PIN ont été transférés aux Collectivités Locales succédant ainsi à l’état dans ses obligations.
Question : comment et à quelle hauteur (chiffrage) sont financés l’aménagement /la maintenance/ des infrastructures et superstructures du port de Saint Malo par chacun des contributeurs (surtout détail REGION) ? participation état (dotation financière de compensation)? participation collectivités locales? autofinancement ? emprunt ? financement croisé des superstructures ( rôle des opérateurs privés) ?
GL :''Les opérations d’aménagement sur les superstructures (outillage et terre-pleins) sont financées et réalisées par la concession (alimentée par les redevances d’outillage et droits de ports) avec un subventionnement de la Région à hauteur de 15%. Les opérations d’aménagement sur les infrastructures (quais, dragages, …) sont financées et réalisées par la Région, avec en général un subventionnement de la concession. ''
2°) Y a t’il des projets (infrastructures/superstructures/R&D /marketing/certification…) en cours de réalisation ou programmés ? Construction du nouveau quai Charcot à Saint-Malo pour le développement de la filière agroalimentaire.
GL'':Construction d’un pôle de construction navale sur le bassin Jacques Cartier Construction d’une digue d’enclôture .Aménagement des pontons de la cale de la Bourse''
3°) Quel type de relations le port de Saint Malo a t’il avec les autres ports du littoral breton ? français ? anglais ?européens ? échelle mondiale ? relations de coopération ? échange d’informations ? mutualisation de moyens ?
GL:''Le port de Saint-Malo fait partie d’un espace Manche actif sur les aspects de politique maritime et portuaire : le projet EMDI a pour objectifs l’élaboration d’une vision stratégique, expérimentation de nouveaux domaines de coopération, une meilleure connaissance de l’espace Manche et de ses enjeux.
Eut égard aux enjeux spécifiques des ports régionaux et locaux, le projet EMDI a également débouché sur la création d’un réseau des ports de la Manche. La coordination de cette partie du projet a été confiée côté français au Conseil général des Côtes d’Armor, avec l’appui de la CCI Côtes d’Armor : l’Association des Ports Locaux de la Manche regroupe depuis sa création 14 ports français de la Manche, dont Brest, Roscoff, Le Légué et Saint-Malo. Cette association poursuit des objectifs spécifiques de coopération au niveau français, comme l’amélioration de la gestion environnementale des opérations de dragage, la sécurité et le développement des trafics, la promotion des ports ainsi que la connaissance des hinterlands portuaires et des marchés.''
4°) Quelles stratégies de développement le port poursuit Il ? fidélisation ? spécialisation ? diversification ? ciblage de trafics particuliers ? ciblage de clients particuliers ?
GL:''Les potentiels et pistes de développement sont différentes selon les filières économiques envisagées : ainsi, pour les vracs agroalimentaires, la nécessité du développement d’une réelle complémentarité devra permettre un développement global des approvisionnements maritimes sur cette filière dans les ports de Saint-Malo et du Légué.
Les travaux du quai Charcot et la réorganisation des espaces portuaires à Saint-Malo devront aboutir au développement des activités liées à la filière engrais. L’étude de l’opportunité d’un arrière-port pour accompagner les projets de l’opérateur « bois » est envisagée. consommation de matériaux de construction.
Le port de Saint-Malo pourra être utilisé comme plate-forme de massification et d’exportation sur la filière des matériaux de recyclage,
après mise en place d’une politique régionale de collecte et réalisation d’une étude logistique, permettant d’arbitrer entre les ports potentiellement intéressés.Une étude devra préciser les opportunités d’installation d’un site de déconstruction navale à proximité immédiate du port.
Afin d’éviter le développement de concurrences qui ne permettraient pas de mutualiser efficacement les moyens des acteurs publics et privés et qui desserviraient la filière au niveau régional, il conviendra de s'assurer d'un bon équipement territorial et d'une complémentarité des moyens en préservant le réseau très professionnel des savoir faire locaux dans le domaine de la réparation navale
Le soutien des lignes ferry vers le Royaume-Uni et les Iles Anglo-Normandes s’appuiera notamment sur une adaptation et une modernisation du terminal passagers. L’activité de transport maritime territorial de passagers devra également être valorisée en s’appuyant sur l’interface ville/port.
Enfin, une mutualisation commerciale et marketing avec les autres places portuaires bretonnes (argumentaires et tarifs identiques, possibilité de changer les escales en fonction des opportunités) est la condition du développement de l’activité croisières.''
5°) Les faiblesses et les atouts du port sont ils clairement identifiés et quelles propositions d’amélioration du port (et /ou ses des performances) ont été formulées jusque là et / ou sont à l’étude ?
GL: ''Le port de Saint-Malo bénéficie d’un hinterland très étendu, grâce à son activité export (îles anglo-normandes et Grande Bretagne) ; les filières bois et engrais sont les filières principales du port; l’activité fret ferry représente environ 600.000 tonnes. Le trafic des passagers reste relativement stable et le patrimoine historique de la ville est un atout considérable pour cette activité. La principale faiblesse identifiée à ce jour est le problème du foncier (espace limité pour le développement des activités portuaires).
6°) Quelles sont les principales requêtes des acteurs du port de St Malo et des chargeurs / importateurs / clients réguliers du port (en matière de services /d’outillage etc…) ?
Services ferroviaires pour les usines embranchées. Stockages.''
7°) Y a t’il une connexion ferroviaire « active » au niveau du port de commerce de Saint Malo ? si oui quel tonnage annuel transite via ferroviaire ? Y a-t-il des projets de développement du rail fret départ arrivée Saint Malo et selon quelles modalités?
GL:''Au port de Saint-Malo, 7000 tonnes d’engrais ont été expédiées et 15.000 tonnes de bois réceptionnées par train en 2008. Les projets de développement du ferroviaire incluent la création d’un opérateur ferroviaire portuaire et de la création d’un arrière-port embranché fer.
8°) Selon quels critères les tarifs du port sont ils fixés ? (idem utilisation de l’outillage etc …/remorquage ) ?
La Région Bretagne a pour mission de fixer les évolutions tarifaires sur proposition du concessionnaire après qu'ait été menée la concertation avec les usagers : elles doivent s’inscrire dans une gestion des ressources de la concession permettant de garantir son équilibre afin d’être en mesure de financer les investissements portuaires au service des usagers de la place portuaire.''
9°) Le port a t’il une politique de communication et d’implication de la communauté portuaire dans d’éventuelles démarches d’amélioration ou de progrès (certifications qualité…)?
GL: La Région communique sous la forme d’un bilan annuel au sujet de l’activité, des investissements et des politiques menées dans ses ports. Un site internet dédié au port de Saint-Malo est également mis en ligne : http://ports.region-bretagne.fr/
10°) Le port ( son gestionnaire) a t’il une politique de communication et de démarchage auprès des chargeurs potentiels (industriels /agroalimentaire… ) de l’hinterland ?
GL: l’exécution du cahier des charges par le concessionnaire Cci fait il l’objet d’un contrôle ou d’un pilotage par la région et quelles sont les obligations réelles du concessionnaire en matière de prospective commerciale ? Le concessionnaire, dont l’activité est contrôlée par la Région, est en charge de la prospection commerciale, en lien et en appui des manutentionnaires de la place.
11°) y a t’il des projets de développement d’un trafic conteneur sur St Malo? La Région pourrait elle contribuer (financièrement au même titre que d’autres cofinanceurs publics ou privés) à la création d’une ligne feeder/cabotage sur St Malo au travers le financement de navires adaptés et ou de superstructures ? (grues équipées de spreaders pour la manutention) ?
GL: Le développement du trafic conteneur sur Saint-Malo se heurte à des problèmes techniques de capacités nautiques. La Région n’exclut par principe aucun projet qui lui serait présenté dans l’objectif de développer le trafic du port sous réserve de la pertinence économique du projet.
12°) Le trafic fret du port de St Malo est structuré pour 50% autour des agrofournitures et du bois et de 2 ou 3 entreprises. Quelles que soient les perspectives de ces trafics, cette structure de trafic n’est elle pas un facteur de vulnérabilité du port? N’y a t’il pas dépendance vis a vis de certains trafics?
GL: Les implantations industrielles portuaires ont un rôle clef dans la compétitivité d’une filière économique (le port étant une plateforme multimodale permettant à l’entreprise d’optimiser sa chaîne logistique). La structure de trafic de Saint-Malo autour des filières engrais et bois ne peut donc en aucun cas être considérée comme une faiblesse, d’autant plus que les perspectives de développement de ces deux filières sont intéressantes (le bois est un matériau de construction d’avenir dans un contexte de prise en compte croissante des problématiques environnementales et les engrais ont également des perspectives de développement intéressantes au vu des développements démographiques prévus à l’échelle mondiale et des innovations sur le marché de l’agriculture raisonnée).
13°) Fin décembre 2009, une nouvelle orientation stratégique doit être élaborée et mise en œuvre pour les port BRETONS (Brest/Lorient /St Malo). Des consultations/une étude ont été lancées par vos services à ce sujet. Sachant que l’un des axes tracé par le président de Région est de faire jouer la synergie et la complémentarité entre les ports bretons, comment pourraient se traduire aux niveaux stratégiques, tactiques et opérationnels de telles synergies et complémentarités ? L’abandon de certains trafics pour St Malo au profit d’autres ports ou au contraire des fonctions ou des moyens nouveaux pour le port de St Malo?
GL:L’objectif de la stratégie portuaire régionale a été de proposer un cadre de développement pour le réseau des ports bretons qui permette un développement de chacune des filières économiques utilisant l’outil portuaire à des degrés divers. Ainsi, la nécessité de développer la complémentarité entre ports ou au contraire de favoriser le maintien des trafics dans toutes les places portuaires pour maintenir un approvisionnement de proximité dépend de la filière envisagée : par exemple, la forte proximité des ports du Légué et de Saint-Malo induit la nécessité d’une réelle complémentarité entre ces deux ports sur la filière des vracs agroalimentaires, complémentarité devant reposer sur l’analyse des caractéristiques nautiques, foncières, urbaines et économiques des deux ports. Cette complémentarité doit permettre un développement global des approvisionnements maritimes sur cette filière sur les deux ports, et contribuer ainsi à un report modal route/mer.
Cette étude pourrait elle nous être communiquée via mail ? '' GL: (ci-dessus) Ce document sera diffusé après que le Conseil Régional ait délibéré, vraisemblablement en janvier prochain.''
14°) Peut on envisager des changements d’affectation de foncier au sein de la zone portuaire et si oui lesquels ?
GL: Le développement du port de Saint-Malo passe par le maintien de l’affection du domaine portuaire à l’activité portuaire. La Région Bretagne porte une attention particulière à ce que les activités dans le port ne soient que des activités portuaires, et qu’aucun changement d’affectation de foncier au sein de la zone portuaire n’ait lieu.
15°) L’acquisition de foncier en propre par la région associée à d’autres acteurs locaux (communauté d’agglomération…), hors les murs /la zone portuaire et la création d’un port à sec /d’une zone logistique connectée au ferroviaire serait il une option retenue ou évoquée ? Sous quelles conditions ?
GL: La création d’un arrière port embranché fer dépend de la pertinence économique du modèle qui devra être étudié. La création d’un port sec en Bretagne ne devra pas se faire aux dépens de la partie finistérienne du territoire. De plus, il parait judicieux de positionner les ports comme des plateformes multimodales, et non pas seulement comme des outils au service du transport maritime.
16°) La conformité aux critères d’éligibilité aux programmes de cofinancement européens des projets d’aménagements ou de développements éventuels du port est elle prise en compte lors de la mise à l’étude de ces projets ?
GL: Bien entendu.
17°) Quels seraient selon vous les contraintes à lever ou contourner, les facteurs clefs à travailler en vue de permettre de développer la compétitivité du port de St Malo ?
GL:La question du foncier et la réorganisation des espaces portuaires à Saint-Malo seront centrales dans le développement des activités du port.















